En marge de la 8ème Marche pour la Vie
En cette année électorale, le combat pour la vie gagne naturellement en intensité. Pour les organisateurs de cette marche, il s'agit de réveiller les consciences face aux menaces contre la vie, de restaurer une paternité et une maternité responsables, de développer une politique familiale sérieuse et, dans la mesure du possible, de faire cesser ces atteintes multiples contre la vie.
Mais pourquoi s'engager à ce point pour la vie ? Respecter le commandement "Tu ne tueras point", c'est dire aussi que toute vie est voulue de Dieu. Elle s'inscrit dans un plan qui nous dépasse et qui mobilise nos qualités de cœur pour le mettre en œuvre. C'est ce que rappelait Benoît XVI dans son discours de décembre dernier à la Curie en revenant sur la joie qui a caractérisé les Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid : la joie procède de la certitude d'être aimé car accueilli de façon inconditionnelle. Notre service de la vie doit aller jusque là : accueillir l'autre dans toutes ses dimensions et ce jusqu'au pardon, avec toute la rigueur aussi que nécessite l'éducation. Tel est le service irremplaçable des chrétiens dans la société humaine.
"Enfin, comme dernière caractéristique à ne pas négliger dans la spiritualité des Journées mondiales de la jeunesse je voudrais mentionner la joie. D’où vient-elle ? Comment s’explique-t-elle ? Il y a certainement de nombreux facteurs qui agissent ensemble. Mais celui qui est décisif est, à mon avis, la certitude qui provient de la foi : je suis voulu. J’ai une mission dans l'histoire. Je suis accepté, je suis aimé. Josef Pieper, dans son livre sur l’amour, a montré que l’homme peut s’accepter lui-même seulement s’il est accepté de quelqu’un d’autre. Il a besoin qu’il y ait un autre qui lui dise, et pas seulement en paroles : il est bien que tu existes. C’est seulement à partir d’un « tu » que le « je » peut se trouver lui-même. C’est seulement s’il est accepté que le « je » peut s’accepter lui-même. Celui qui n’est pas aimé ne peut pas non plus s’aimer lui-même. Ce fait d’être accueilli vient d’abord de l’autre personne. Mais tout accueil humain est fragile. En fin de compte, nous avons besoin d’un accueil inconditionnel. C’est seulement si Dieu m’accueille et que j’en deviens sûr, que je sais définitivement : il est bien que j’existe. Il est bien d’être une personne humaine. Là où l’homme a moins la perception d’être accueilli par Dieu, d’être aimé de lui, la question de savoir s’il est vraiment bien d’exister comme personne humaine ne trouve plus aucune réponse. Le doute à propos de l’existence humaine devient toujours plus insurmontable. Là où le doute au sujet de Dieu devient dominant, le doute au sujet de l’être même des hommes suit inévitablement et nous voyons aujourd’hui comment ce doute se répand. Nous le voyons dans le manque de joie, dans la tristesse intérieure qui peut se lire sur tant de visages humains. Seule la foi me donne la certitude : il est bien que j’existe. Il est bien d’exister comme personne humaine, même dans des temps difficiles. La foi rend heureux à partir de l’intérieur. C’est une des expériences merveilleuses des Journées mondiales de la Jeunesse". (Benoît XVI, 22 décembre 2011).
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