Le Cœur sacré de Jésus, icône de l'amour rédempteur

La semaine qui vient de s'écouler a été marquée par la célébration du Sacré-Cœur, fête solennisée ce dimanche dans la forme extraordinaire. Contrairement à ce que nous pourrions penser, elle est d'institution récente. Elle remonte à 1856, date à laquelle le Bx. Pie IX étendit à l'Eglise universelle la fête qui avait été concédée par Clément XIII en 1765 aux diocèses de Pologne et à l'archiconfrérie du S. Cœur, fondée à Rome par les jésuites qui, au moins un siècle avant les apparitions à la Visitation de Paray-le-Monial, travaillaient déjà à diffuser la dévotion au Sacré-Cœur. Si l'institution de la fête et sa généralisation sont donc plutôt récentes, et cela en raison de critiques répétées, allant jusqu'aux sarcasmes, elle n'en touche pas moins à l'essentiel du christianisme comme le pape Benoît XVI l'a souligné en 2006 dans une lettre adressée au TRP Kolvenbach, Général des Jésuites, à l'occasion du cinquantenaire de l'encyclique Haurietis aquas de Pie XII : « Dans l'encyclique Deus caritas est, j'ai cité l'affirmation de la 1ère lettre de S. Jean : Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru, pour souligner qu'à l'origine du fait d'être chrétien, il y a la rencontre avec une Personne unique. Puisque Dieu s'est manifesté de la manière la plus profonde à travers l'incarnation de son Fils en se rendant visible en Lui, c'est dans la relation avec le Christ que nous pouvons reconnaître qui est vraiment Dieu. Et encore : puisque l'amour de Dieu a trouvé son expression la plus profonde dans le don que le Christ a fait de sa vie pour nous sur la croix, c'est surtout en contemplant sa souffrance et sa mort que nous pouvons connaître d'une façon toujours plus claire l'amour sans limites que Dieu a pour nous : Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais possède la vie éternelle (Jn 3, 16). Par ailleurs, ce mystère de l'amour de Dieu pour nous ne constitue pas seulement le contenu du culte et de la dévotion au Cœur de Jésus : c'est, de la même façon, le contenu de toute vraie spiritualité et dévotion chrétiennes.Il importe donc de souligner que le fondement de cette dévotion est aussi ancien que le christianisme lui-même. En effet, il n'est possible d'être chrétien que le regard tourné vers la croix de notre Rédempteur, vers Celui qu'ils ont transpercé (Jn 19, 37, cf. Za 12, 10). Avec raison, l'encyclique Haurietis aquas rappelle que la blessure du côté ainsi que celles des clous ont été, pour d'innombrables âmes, les signes d'un amour ayant marqué leur vie d'une façon toujours plus incisive. Reconnaître l'amour de Dieu dans le Crucifié est devenu pour ces âmes une expérience intérieure qui leur a fait confesser, avec Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu (Jn 20, 28), en leur permettant de parvenir à une foi plus profonde, dans l'accueil sans réserve de l'amour de Dieu ».

Loin d'être des cordicoles, des idolâtres d'une théologie du muscle cardiaque, comme les en raillaient leurs adversaires jansénistes, encyclopédistes et rationalistes de tout poil, les jésuites qui en avaient été les propagateurs avaient su exprimer – sans jeu de mots – le cœur de la spiritualité chrétienne en un symbole universellement parlant : siège de la force, de la constance et de l'amour, signe d'une foi pénétrée de charité, ce Cœur qui, précisément note S. Jean, a été transpercé et duquel ont coulé l'eau et le sang, exprime tout le pathétique du drame divin du salut. Symbole éloquent de l'amour qui va jusqu'au bout et même au-delà, puisqu'il est déchiré alors que Jésus est déjà mort, il est le signe de la fidélité absolue de Dieu à son Alliance, du rachat par l'Epoux immaculé de l'épouse souillée par le péché comme tant de mystiques médiévaux l'avaient pressenti : S. Bernard, S. Gertrude, S. Mechthilde, S. Catherine de Sienne pour n'en citer que quelques uns. Symbole qui aussi va à la rencontre des vues pénétrantes des Pères des premiers siècles qui contemplaient dans cette eau et ce sang la source jaillissante de la grâce, et en particulier de la grâce sacramentelle, grâce du baptême et grâce de l'eucharistie. Ezéchiel l'avait prophétisé : du côté du Temple jaillira une source qui, devenue torrent, s'en ira assainir les eaux stériles de la Mer Morte et donnera à la vie de foisonner à nouveau. Alors, sachons puiser les eaux du salut à cette source qu'est ce Cœur de Jésus qui nous a tant aimés...

Abbé Eric Iborra


Votre webmestre vous souhaite de très bonnes vacances!
Paroisse  Saint-Eugène — Sainte-Cécile - 4, rue du Conservatoire 75009 Paris
Accueil : 01 48 24 70 25 - Renseignements et horaires des messes : 01 48 24 70 75
secretariat@saint-eugene.net