L'Eglise Saint-Eugène
Saint-Eugène, né à Rome au IIIè siècle après J.C., était un des principaux compagnons de Saint-Denis. Après avoir évangélisé l'Espagne, où il occupa le siège de Tolède, il vint en Gaule et fut victime dans la région de Paris des persécutions anti-chrétiennes de Maximien ; arrêté à Deuil et décapité, ses restes furent jetés dans le lac d'Enghien. Son corps retrouvé fut déposé à l'abbaye de Saint-Denis, puis transféré à Tolède au XVIè siècle à la demande des Espagnols.
L'église Saint-Eugène fut l'œuvre de l'architecte Louis-Auguste Boileau. Bâtie sur l'emplacement de l'hôtel des menus plaisirs du roi dans le IXè arrondissement (quartier en pleine expansion à l'époque), sa principale caractéristique est sa construction dans le style du XIIIè siècle, ais en employant la fonte et le fer pour les piliers et les nervures. Ceci pour la première fois en France, en particulier s'agissant d'un édifice religieux, en prélude aux œuvres de Baltard.
Sa façade se compose d'une haute muraille, divisée en cinq parties par des contreforts et dessinant exactement la forme de l'édifice. Au centre une porte avec voussure et tympan sculpté ; en dessus d'elle un gâble bordé de crochets, puis une rose et enfin le pignon de la grande nef que domine une statue d'ange. Deux petites portes flanquent, à droite et à gauche, la porte principale ; elles sont surmontées, à la hauteur de la voussure de celle-ci, par une galerie à jour. Les compartiments qui suivent sont ornés d'arcatures, de statues et de deux longues fenêtres. Les côtés de l'église présentant toute une suite de pignons. Chacun de ces pignons est percé de deux fenêtres et d'une rosace.
En entrant dans l'église, on est d'abord frappé par l'abondance des lumières et la richesse des couleurs. De très beaux lustres, tout à fait second empire, enrichissent la vue générale. Quel que soit l'endroit où l'on se place, l'œil embrasse la totalité du volume qui l'environne.
Le plan de l'église présente trois nefs et deux collatéraux surmontés de tribunes en fonte peintes et dorées ; les tris nefs se terminent par trois absides ; l'abside centrale pour le maître-autel et les deux autres pour les chapelles de la Vierge et de Saint-Eugène.
Les fenêtres et les roses sont toutes occupées par des verrières œuvres de Lusson et de Laurent et Gsell. Les quatorze stations du Chemin de Croix, situées dans la partie inférieure de l'église, sont de Oudinot d'après les cartons de Gérard-Séguin. Au-dessus, dans les tribunes, se déroulent, du côté gauche, la vie privée de Jésus et, de l'autre, sa vie publique.
Les trois grandes verrières de l'abside centrale représentent la Cène, Jésus au jardin des oliviers et la Transfiguration et les verrières des absides latérales, d'un côté la vie de la Vierge, de l'autre celle de Saint-Eugène.
A l'éclat des verrières se joint celui des peintures qui recouvrent toutes les parties de l'église ; les colonnes sont bleu d'acier et bronze florentin, les arcs, les nervures sont également riches de teintes, les voûtes sont semées d'étoiles.
La longueur de l'église est de 50 mètres sa largeur de 25 mètres ; la hauteur de la nef principale est de 23 mètres ; celles des nefs latérales de 15 mètres. Les colonnes de la nef en fonte creuse sont de 30 centimètres de diamètre et de 2 centimètres d'épaisseur.
L'ameublement : l'orgue ( de Merklin et Schültze), la chaire, les stalles, les confessionnaux, les escaliers des tribunes se distinguent par leur élégance. Le maître-autel est décoré de treize niches trilobées, garnies de statuettes et surmonté d'un retable à jour dans lequel les chandeliers sont remplacées par des ornements d'architecture. Sa réalisation s'inspire de celui de la cathédrale de Clermont-Ferrand.
Chronologie
- 1852 : Monseigneur Sibour, cardinal archevêque de Paris, demande la concession du terrain situé à l'emplacement de l'hôtel des menues plaisirs du roi, disparu en 1830.
- 6 mars 1854 : décret de création et de délimitation de la paroisse.
- Juin 1854 : pose et bénédiction de la première pierre.
- 27 décembre 1855 : inauguration de la nouvelle église (l'impératrice Eugénie est la marraine) et installation de l'abbé Coquand par Monseigneur Sibour.
- 14 janvier 1856 : installation du premier conseil de fabrique, interlocuteur de l'administration pur les biens affectés au culte.
- 10 janvier 1857 : mariage de Jules Verne avec Honorine de Viane à l'âge de 29 ans.
- 28 avril 1859 : achat de l'église Saint-Eugène par la ville de Paris, en raison de problèmes financiers.
- 1952 : le chanoine Bony, curé de la paroisse, demande à Rome l'autorisation de donner à l'église un second vocable, celui de Sainte Cécile patronne des musiciens, en raison de la proximité du conservatoire de musique et de déclamation.
- 1980 : institution d'une grand-messe en latin par l'abbé Maréchal, avec l'approbation de S.E. le cardinal Marty.
- 1987 : restauration de l'église.
- 1989 : En application du motu proprio Ecclesia Dei, S.E. le cardinal Lustiger autorise la liturgie selon le missel de 1962.
- 1er octobre 2000 : S.E. le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, célèbre la dédicace de l'église et la bénédiction du carillon.
- 10 décembre 2005 : Messe du Cent Cinquantenaire célébrée par Monseigneur André Vingt-Trois, Archévêque de Paris. Bénédiction de l'orgue.
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